Historique

JB-Fouque

Création

L’Association Internationale Catholique pour la Protection de la Jeune Fille est née à Fribourg le 19 août 1897 : son but : préserver les jeunes filles des dangers qui les guettent dans les grandes villes, en particulier de la terrible «traite des blanches» ; cet organisme allait prendre rang parmi les œuvres importantes du siècle qui s’annonçait.
Anticipant ce mouvement, l’abbé Jean-Baptiste Fouque fondait le 6 avril 1888, à Marseille, « l’œuvre de la Sainte Famille » avec le concours de dames influentes, bénévoles et dévouées.
Le but de l’œuvre était d’assurer aux jeunes filles, de passage à Marseille, venant y travailler ou cherchant un emploi, un abri « maternel », les moyens et la formation nécessaires pour trouver un travail, éventuellement des soins, au sein d’une armature morale solide éclairée « par les rayons consolants de la foi ».

Association

Sur l’initiative de son fondateur, l’association (type loi 1901) était déclarée le 31 juillet 1903 à la Préfecture des Bouches-du-Rhône sous le titre « Association des Amies du Foyer pour la protection de la Jeune Fille »; elle devait ultérieurement recevoir la reconnaissance d’utilité publique par décret du 27 novembre 1931.

Fonctionnement

Dotée d’un secrétariat permanent, d’une infirmerie, d’une école ménagère et d’une école professionnelle, d’un bureau d’accueil à la gare et sur le port, l’association s’élançait à la conquête des âmes ; au sein de cet « apostolat très spécial », elle s’assura les concours les plus divers y compris les administrations, la police et les juges d’instruction en passant par les entreprises. D’intensives campagnes de publicité permettaient à bien des voyageuses de savoir se diriger en arrivant à Marseille ; d’aucunes, pauvres épaves recueillies çà et là, y trouvèrent leur rédemption. L’affiliation à l’Œuvre née à Fribourg permit des contacts régionaux, nationaux et internationaux.

Lieux successifs du Foyer

L’association avait démarré dans un entresol 16, rue de la République ; son succès l’entraîna vers de plus vastes locaux à la rue des Cyprès (aujourd’hui rue Jean-Pierre Brun) puis au 23 rue Barbaroux en 1892 ; en 1896, nous la trouvons 31, rue Marengo, en 1901 à la rue Augustin Fabre. Toujours pressée par la même nécessité, l’espace, elle prend ses quartiers au Prado de 1903 à 1917, période à laquelle elle laisse place à l’hôpital Saint-Joseph. En 1919, elle jette l’ancre aux 24 et 26, rue Estelle et s’y trouve toujours. Ces deux immeubles sont acquis par ses soins le 28 décembre 1932 : le vendeur est la Société Générale Marseillaise Le 28 vient s’ajouter le 3 avril 1936 : le vendeur est un particulier. Locataire des 27 et 29 rue Estelle pendant une partie de l’occupation, l’association achète le 27 en 1952, également à un particulier, ainsi que la villa « les Hortensias » à Luchon, colonie de vacances du Foyer. Ces deux derniers biens sont revendus en 1962 et 1958.

Personnel

Parmi les collaborateurs laïcs de l’abbé Fouque, on peut citer Mme Jean-Baptiste Rocca (Marie Beuf) qui demeura présidente de l’association durant de nombreuses années et la première directrice, Mme Demange. Après le décès de cette dernière, l’abbé Fouque qui souhaitait toujours s’appuyer sur le cœur maternel et dévoué des religieuses et n’avait pu obtenir les sœurs de la Présentation de Tours, proposa à la Congrégation des Dominicaines enseignantes, chassées de leurs couvents, de prendre en charge le Foyer. Arrivées le 11 février 1924, elles gouvernèrent la maison. Jusqu’au 21 juin 1968, date à laquelle le Cours Saint Thomas d’Aquin absorba toutes leurs facultés. Les religieuses de Sion prirent le relais à partir du 1er juillet 1969 jusqu’au 3 octobre 1984. Depuis lors, l’association « Les Amies du Foyer » est exclusivement composée de laïcs au sein du Conseil d’Administration comme du Personnel.

Actuellement

Aujourd’hui, le développement de l’instruction des jeunes filles, dont l’abbé Fouque percevait les avancées et les souhaitait ardemment,- en opposition avec les idées de son temps,- est tel que les pensionnaires permanentes, toutes étudiantes ou lycéennes, ont peu à peu absorbé les disponibilités d’hospitalité temporaire ; cette dernière activité demeure cependant un privilège que le Foyer tient à conserver. Les étudiantes trouvent, nous l’espérons, un accueil chaleureux et des conditions de vie propres à favoriser l’épanouissement de leur personnalité comme celui de leurs études.
La connotation chrétienne subsiste, comme une force de proposition : l’Eucharistie est régulièrement célébrée au cours des grandes manifestations de l’année : la rentrée, l’anniversaire du décès de l’abbé Fouque, Noël, la réception de fin d’année.
De mars à décembre 1929, le Foyer a reçu 12.604 journées et nuits dont 45 pensionnaires et 841 passagères. En 1928, son secrétariat permanent répondait à quelque deux mille lettres, arrivait à satisfaire bon nombre de requêtes et de demandes d’emploi. Aujourd’hui, il est occupé toute l’année par 78 jeunes filles et quelques groupes de passage au cours de l’été. Les repas, jadis assurés par le restaurant féminin fondé par l’abbé Fouque, se prennent maintenant au cours Saint Thomas d’Aquin, mitoyen, autre œuvre du fondateur. 

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